Table des Contenus Commentaire sur la Bible entière


JEAN

  • Chapitre 1.1-14
  • Chapitre 1.15-31
  • Chapitre 1.32-52
  • Chapitre 2.1-11
  • Chapitre 2.12-25
  • Chapitre 3.1-21
  • Chapitre 3.22-36
  • Chapitre 4.1-9
  • Chapitre 4.10-18
  • Chapitre 4.19-27
  • Chapitre 4.28-42
  • Chapitre 4.43-54
  • Chapitre 5.1-9
  • Chapitre 5.10-18
  • Chapitre 5.19-30
  • Chapitre 5.31-47
  • Chapitre 6.1-15
  • Chapitre 6.16-29
  • Chapitre 6.30-59
  • Chapitre 6.60-71
  • Chapitre 7.1-24
  • Chapitre 7.25-36
  • Chapitre 7.37-53
  • Chapitre 8.1-11
  • Chapitre 8.12-30
  • Chapitre 8.31-59
  • Chapitre 9.1-16
  • Chapitre 9.17-41
  • Chapitre 10.1-13
  • Chapitre 10.14-30
  • Chapitre 10.31-42
  • Chapitre 11.1-10
  • Chapitre 11.11-32
  • Chapitre 11.33-44
  • Chapitre 11.45-57
  • Chapitre 12.1-8
  • Chapitre 12.9-26
  • Chapitre 12.27-36
  • Chapitre 12.37-50
  • Chapitre 13.1-11
  • Chapitre 13.12-20
  • Chapitre 13.21-30
  • Chapitre 13.31-38
  • Chapitre 14.1-6
  • Chapitre 14.7-14
  • Chapitre 14.15-20
  • Chapitre 14.21-31
  • Chapitre 15.1-3
  • Chapitre 15.4-8
  • Chapitre 15.9-17
  • Chapitre 15.8-16.4
  • Chapitre 16.5-11
  • Chapitre 16.12-22
  • Chapitre 16.23-33
  • Chapitre 17.1-5
  • Chapitre 17.6-10
  • Chapitre 17.11-19
  • Chapitre 17.20-26
  • Chapitre 18.1-11
  • Chapitre 18.12-27
  • Chapitre 18.28-40
  • Chapitre 19.1-7
  • Chapitre 19.8-16
  • Chapitre 19.17-27
  • Chapitre 19.28-30
  • Chapitre 19.31-42
  • Chapitre 20.1-10
  • Chapitre 20.11-18
  • Chapitre 20.19-23
  • Chapitre 20.24-31
  • Chapitre 21.1-14
  • Chapitre 21.15-17
  • Chapitre 21.18-23
  • Chapitre 21.24-25

  • ÉVANGILE DE JEAN

    INTRODUCTION

    Témoignage intérieur

    Quel témoignage trouve-t-on dans l'évangile même qui donnera des preuves quant à l'auteur? Ce témoignage correspondra-t-il à celui de la tradition de l'Église primitive?

    Les Évangiles synoptiques affirment que Jacques et Jean, les fils de Zébédée, étaient pêcheurs quand Jésus les appela à être ses disciples (Mc 1.9,20; Mt 4.21,22). Zébédée semble avoir été un pêcheur de quelque importance puisque "des employés" sont mentionnés dans Marc 1.20. Jésus surnomma Jacques et Jean "Boanergès", c'est-à-dire, fils du tonnerre" (Mc 3.17) peut-être parce qu'ils avaient des caractères emportés (Lc 9.49,54,55). En compagnie de leur mère, ils demandèrent à Jésus vers la fin de son ministère, d'être assis l'un à sa droite et l'autre à sa gauche, dans sa gloire (Mc 10.37; Mt 20.21). Jean avec son frère Jacques, et Simon Pierre, formaient un cercle intérieur parmi les disciples de Jésus et Jésus les prit avec lui au cours des trois occasions importantes de son ministères ; à la résurrection de la fille de Jaïrus (Mc 5.37; Lc 8.51), à la transfiguration (Mc 9.2; Mt 17.1; Lc 9.28), et dans le jardin de Gethsémané (Mc 14.33; Mt 26.37). Luc souligne l'étroite association de Jean avec Pierre en mentionnant Jean avant Jacques : "Pierre et Jean et Jacques" (Lc 8.51; 9.28; Ac 1.13; Comp. Lc 22.8; Ac 3.1,3,4,11; 4.1-3,7,13,19; 8.14). Quatorze ans après sa conversion Paul nomme Jean parmi les trois qui étaient considérés comme des colonnes dans l'Église de Jérusalem (Ga 2.9).

    Jean 21.20,24 identifie "le disciple qui rend témoignage de ces choses et qui les a écrites" comme "le disciple que Jésus aimait, celui qui pendant le souper s'était penché sur la poitrine de Jésus". Au dernier souper, Simon Pierre dit à ce même disciple de demander à Jésus qui était celui qui allait le trahir (Jn 13.23,24). Un autre passage important est Jean 19.35. "Celui qui l'a vu en a rendu témoignage, et son témoignage est vrai; et lui, il sait qu'il dit vrai, afin que vous croyiez, vous aussi." Juste avant cela Jésus avait confié sa mère à ce disciple, "debout auprès d'elle, le disciple qu'il aimait, près" de la croix (Jn 19.5,26). Dans 20.2 Simon Pierre avec "l'autre disciple, celui que Jésus aimait" allèrent au tombeau et le trouvèrent vide en ce premier jour de la semaine. Ils reconnurent le Seigneur ressuscité debout sur la rive du lac de Galilée tôt le matin (Jn 21.7). Il suivit Pierre et le Christ ressuscité quand Pierre se tournant et le voyant, demanda à Jésus : "Seigneur, et celui-ci, que lui arrivera-t-il?" La réponse de Jésus à Pierre créa le malentendu parmi les premiers chrétiens qu'il ne mourrait pas avant la venue du Christ (Jn 21.23).

    Six passages mentionnent "le disciple que Jésus aimait" (13.23-26; 19.25-27; 20.2-10; 21.7; 21,20-23; 21.24), tous dans la deuxième moitié de l'évangile. André et un disciple non nommé, tous deux disciples de Jean-baptiste, suivent Jésus (1.35-39), avec d'autres parmi les premiers disciples, Simon Pierre, Philippe et Nathanaël (1.40-51). Dans 18.15,16, il est question d'un "autre disciple" connu du souverain sacrificateur et qui suivait Jésus après son arrestation. Dans 20.2 cet autre disciple est identifié comme celui que Jésus aimait. Après avoir considéré toutes ces références il est clair qu'au dernier souper ce disciple était couché à table près de Jésus (Mc 14.17; Mt 26.20; Lc 22.14). Cela impliquerait que le disciple aimé était l'un des douze apôtres. Selon le témoignage dans 21.2,7, il doit être identifié soit comme l'un des fils de Zébédée ou l'un des deux disciples non nommés. "Le disciple que Jésus aimait" était en association très étroite tant avec Jésus qu'avec Simon Pierre. Jacques était le premier martyr parmi les apôtres, alors qu'on peut conclure de 21.20-23 que le disciple aimé a atteint un âge très avancé. Le témoignage intérieur du livre semble indiquer que le disciple aimé n'était autre que Jean fils de Zébédée qui, comme son frère Jacques, ne sont pas désignés par leur prénom dans cet Évangile.

    L'auteur était au courant non seulement d'actions d'apôtres spécifiquement nommés, mais aussi de leurs attitudes et sentiments à certaines occasions. Il présente individuellement André (1.40,41; 6.8,9; 19.22), et Philippe (6.5-7; 14.8,9) tout comme Thomas (11.16; 14.5; 20.24-29), comme d'authentiques disciples. Il savait que Jésus s'était assis, fatigué, au bord du puits de Jacob (4.6), que les cinq pains étaient d'orge (6.9), qu'il y avait six jarres de pierre dans la maison à cana (2.6) et que 153 poissons furent pris en Galilée (21.11). Il se souvenait de la couronne d'épines (19.5), des quatre soldats tirant au sort la tunique sans couture (19.23), du nom du serviteur du souverain sacrificateur dont Pierre avait tranché l'oreille (18.10), et du sang et de l'eau sorti du côté de Jésus (19.33-35). on a l'impression nette que ces détails et beaucoup d'autres sont rapportés par quelqu'un qui, les ayant vus, en a rendu témoignage.

    RAPPORTS AVEC LES ÉVANGILES SYNOPTIQUES

    Le problème le plus aigu en abordant l'étude de l'Évangile de Jean se trouve dans son rapport avec Matthieu, marc ou Luc. Bien qu'un nombre de similitudes existent entre eux et Jean, les différences sont encore plus frappantes et sont source de problèmes pour l'étudiant attentif. Tournons notre attention d'abord vers les similitudes avant de parler des différences.

    Les quatre Évangiles concentrent l'attention sur le ministère, la mort et la résurrection de Jésus. Le Prologue de Jean (1.1-18), comme les récits de l'enfance dans Matthieu et dans Luc servent d'arrière-plan au commencement du ministère de Jésus, alors que dans Marc ne se trouve qu'une déclaration préliminaire pour introduire l'Évangile (1.1). Tous les Évangiles couvrent le même espace de temps pour le ministère de Jésus, commençant par Jean-Baptiste et finissant par la résurrection. Tous les évangiles sont aussi des documents attestant la foi en Jésus comme Christ et fils de Dieu. On pourrait dire de la déclaration de Jean sur son objectif :"Ceci est écrit afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu'en croyant, vous ayez la vie en son nom" 920.31) que c'est là aussi le but de chaque Évangile.

    Certains événements se produisent dans Jean comme dans les Synoptiques. Le ministère de Jean-Baptiste est exposé dans les quatre Évangiles. Dans celui de Jean, cependant, l'accent principal est mis sur Jean-Baptiste comme témoin de Jésus-Christ, alors que son ministère et les thèmes essentiels de ses prédications retiennent moins l'attention. La première multiplication des pains est le seul miracle rapporté dans les quatre Évangiles. L'onction de Jésus à Béthanie vers la fin de son ministère a un parallèle dans Matthieu et Marc. Les quatre Évangiles mentionnent l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, le dernier souper, l'arrestation, les procès, et la crucifixion et résurrection du Christ.

    Bien que les paroles de Jésus se ressemblent dans Jean et les Synoptiques, elles ne se trouvent pas toujours dans le même contexte. Cinq citations de l'Ancien Testament ont des parallèles dans les Synoptiques, bien qu'elles ne s'accordent pas mot à mot.

    Mais il existe d'autres différences. Jean indique, en mentionnant au moins trois Pâques, un ministère d'une durée d'au moins deux ans pour Jésus. Si la fête dans Jean 5.1 était aussi la Pâque, alors le ministère de Jésus aurait duré plus de trois ans. D'autre part, en lisant les Évangiles synoptiques on a l'impression que le ministère de Jésus n'a duré qu'un an.

    Jean souligne beaucoup le ministère de Jésus en Judée et à Jérusalem, mais les synoptiques mettent principalement l'accent sur le ministère galiléen et ne mettent en relief qu'une visite de Jésus à Jérusalem à la fin de son ministère.

    Dans Jean, le début du ministère en Judée eut lieu avant l'arrestation de Jean-baptiste, préparant le ministère remarquable en Galilée décrit dans les Synoptiques. Jean témoigne aussi d'un ministère en Galilée bien qu'il ne soit pas souligné.

    D'un autre côté les Synoptique confirment en quelque sorte un ministère en Judée centré autour de Jérusalem. La mention de Marie et de Marthe dans leur maison de village (Lc 10), le fait que Jésus était bien connu du propriétaire de l'ânon du village voisin sur le Mont des Oliviers (Mc 11.3-6), et sa lamentation sur Jérusalem (Mt 23.37), indiquent que Jésus n'était pas un étranger à Jérusalem. Le ministère apparemment plus long dans l'Évangile de Jean permet de bien établir la popularité de Jésus tout comme l'opposition qui conduisit à sa condamnation finale et sa mort.

    Une grande partie des éléments textuels dans Jean est unique et n'a pas de parallèle direct dans les Synoptiques. Alors qu'ils rapportent un nombre de guérisons de lépreux et de démoniaques, jean n'en mentionne pas. Il n'existe pas de cas comparables à l'appel d'André, de Philippe et de Nathanaël, au mariage de Cana, à la conversation avec Nicodème et la femme de Samarie, aux guérisons du paralytique à la piscine de Bethesda et de l'Aveugle-né, à la résurrection de Lazare et au lavage des pieds des disciples. Jean omet le récit de la nativité de Jésus, né de la vierge marie, le baptême de Jésus, sa tentation, la transfiguration, la Cène du Seigneur, son agonie à Gethsémané, et son cri d'angoisse sur la croix. Alors que ce sont des faits frappants, les Synoptiques eux-mêmes ne sont pas uniformes dans leurs éléments textuels. Chaque Évangile présente des enseignements et des événements uniques que l'on pourrait perdre de vue dans la tendance commune de vouloir les regrouper.

    Un autre problème est créé par le fait que l'enseignement de Jésus est différent dans sa forme et ses emphases dans Jean. Dans les Synoptiques les paraboles de Jésus sont un élément important, mais elles font défaut dans Jean, bien que des idées similaires puissent y être trouvées. les expressions "Je suis" dans Jean occupent une place centrale dans un bon nombre de discours de Jésus. Dans les discours, les exégètes ont reconnu des éléments de discussion rabbinique faisant défaut dans les Synoptiques. Le milieu où se produisent ces discussions est souvent différent de celui où elles ont lieu dans les Synoptiques.

    Cependant le coeur de l'Évangile est que Dieu a agi et parlé d'une façon unique par son Fils Jésus-Christ (Héb 1.1,2). Sans cette conviction il n'y aurait ni bonne nouvelle ni Évangiles. Ce livre de Jean affirme de manière répétée qu'il présente une histoire authentique. Il faudrait l'examiner d'abord sur ses propres revendications et non le juger a priori sur la base d'une source historique. Ses données ne sont pas en désaccord avec les Synoptiques et peuvent autant qu'eux revendiquer l'authenticité historique. Les différences doivent être considérées dans l'optique de l'objectif de l'auteur et de la connaissance qu'il avait de ceux à qui il destinait l'Évangile en premier lieu. Que Jésus n'ait été capable d'enseigner que d'une seule manière c'est limiter son génie et aller à l'encontre d'un témoignage important. Il est préférable de considérer tous les Évangiles comme contribuant à l'image à l'image complète de Jésus, chacun présentant sa propre version avec ses points forts. Quels que soient les problèmes se créant ainsi, ils seront moins graves que ne serait le rejet d'une partie importante des éléments existants.


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